Les pages du matin

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🇫🇷 Cette semaine je partage l’une de mes habitudes quotidiennes pour rester focalisé sur ce que j’estime essentiel.

Les pages du matin

C’est un exercice proposé par Julia Cameron dans son livre Libérez votre créativité (titre original : The Artist’s Way). Elle invite à transcrire pendant trois pages (j’ai supposé au format A4, je fais six pages dans un cahier A5) tout ce qui nous passe par la tête à peine sorti du lit. Personnellement je le fais juste après avoir écrit les souvenirs de mes rêves (dans un cahier différent), salué le soleil (10-15 minutes de mouvement yoga sun salutation) et fait ma toilette (nettoyage des sinus à l’eau salée, ça change la vie), soit environ trente minutes après avoir émergé du monde onirique.

J’ai commencé à faire cet exercice il y a trois ans, début 2014. J’ai eu des périodes où je ne le faisais pas régulièrement, puis plus du tout. J’entame demain le cahier numéro 28. D’ailleurs je vais contacter Moleskine pour un partenariat, histoire que je n’aie plus à payer les cahiers.

J’ai écrit systématiquement de début février jusqu’au mois de juin 2014, puis irrégulièrement, et plus du tout de décembre 2014 à mars 2015, quand j’ai à nouveau repris avec constance jusqu’à l’été. J’ai pu constater que 2014 est jusqu’ici l’année où j’ai fini le plus de morceaux de musique (13). Je peux pas en être sûr mais… c’est peut-être lié ?

Cette forme d’écriture libre quotidienne me permet de m’observer, d’observer les pensées, d’exprimer pratiquement tout ce que j’ai en moi (le reste passe par la musique). Ça m’amène à identifier clairement ce que je veux faire de ma vie à court-moyen-long-terme, de voir de nouvelles idées émerger (parfois brillantes, parfois distrayantes). C’est une thérapie qui me coûte en moyenne 1h15 par jour. Mais comme le temps s’arrête, je crois que le corps ne vieilli pas (l’âme oui).

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Combien j’ai écrit depuis février 2014. Si c’est fait tous les jours (six pages A5), ça vaut pour deux ans. 28 cahiers, 2240 pages, env. 1h par jour. C’est comme ça que je crée ma vie de rêve. 

Après avoir écrit, je survole les pages à peine noircies, avec trois surligneurs de couleurs différentes, et je procède comme suit :

  • en orange – ce que je veux faire, par exemple : étudier les arrangements de BADBADNOTGOOD ou aller visiter la ferme du Bec Hellouin, idéalement quand je vais à Brussels ou encore du contenu pour mes articles
  • en vert – des prises de consciences, comme : « on s’rend pas compte à quel point on peut être ingénieux, à quel point on est généralement distrait » ou « les souvenirs du passé sont comme des rêves. certains souvenirs je sais pas dire si ça s’est passé vraiment ou si j’en ai rêvé. finalement y’a pas de différence. donc on peut dire que tout est rêve. dans ce cas, si on est conscient de ça, pourquoi se préoccuper de notre image? pourquoi avoir peur? »
  • en bleu – des rimes intéressantes ou des idées pour des chansons ou des films/histoires

C’est justement en écrivant hier matin que m’est venue l’idée de parcourir chaque fin de mois ce que j’ai écrit pour voir si je suis passé à l’action, si j’ai toujours envie de faire ces trucs sur-lignés en orange que j’aurais pas encore fait, et me remémorer les prises de consciences.

Quand j’en parle parfois les gens se braquent sur la qualité de ce qu’ils pensent qu’ils écriraient, et sur la quantité, la fausse idée qu’ils ne sauraient pas quoi écrire. Suffit d’écrire « je ne sais pas quoi écrire » jusqu’à ce que quelque chose nous vienne. Le flux de pensées est quasiment incessant, même quand on dort (puisqu’on rêve toutes les nuits et même pendant les courtes siestes). C’est juste un prolongement des pensées, une matérialisation. La qualité n’est pas importante ici, seule la quantité et la constance. C’est d’ailleurs peut-être la seule règle d’or pour devenir bon dans quoi que ce soit, même si le but n’est pas de devenir un écrivain renommé – cela dit pourquoi pas?

Ces jours j’ai écrit que ça m’embêtait d’écrire autant, qu’en moyenne il y a deux pages de merde, que j’ai jugé inutiles. Mais cette merde doit sortir (et pas tourner en rond dans la tête) pour permettre aux choses intéressantes de faire surface. Et puis j’ai eu cette idée : si j’en ai marre d’écrire de la merde, je choisi un thème sur lequel je pourrais écrire une chanson, ou le prochain article de ce blog. Et boom.

C’est pas une dissertation, et personne n’aura à lire ces pages. Y’a même pas à réfléchir. Pas nécessaire de relire. L’important c’est de faire sortir, de s’exprimer, d’écrire. Il y a quelque chose de fort psychologiquement dans le mouvement du corps quand on écrit à la main. De tout ce qui se passe en nous dans cet instant. C’est un moment sacré de rencontre avec soi.

En écrivant ce matin j’ai réalisé que c’est devenu un moyen d’optimiser mon temps, c’est-à-dire la vie. J’écris souvent que je veux être toujours plus focalisé, je note comment j’ai été distrait, et comment je peux optimiser chacun des outils que j’utilise pour rester focalisé.

Pour devenir un ninja

S’habituer à regarder au loin régulièrement et utiliser la technique du palming tout au long de la journée.

Le vrai shinobi n’ignore pas que les yeux sont formés de muscles, et que comme tous les muscles du corps, il doit les faire travailler de manière naturelle. Or c’est un fait dont beaucoup de gens n’ont pas conscience – moi-même jusqu’à trois mois en arrière.

J’utilise l’application Mindful Mynah sur Mac et iPhone pour me rappeler toutes les dix minutes à l’aide d’un son particulier de regarder un objet distant de plusieurs mètres, voir des dizaines de mètres si j’ai une vue sur l’extérieur. Sans lunettes, très important.

Quant au palming, c’est simplement porter les paumes des mains sur les yeux fermés pour être dans le noir complet. J’ai aussi pensé à m’enfermer dans le noir des toilettes (et puis je l’ai fait, c’est cool). Les yeux au repos, c’est tout le corps qui se relaxe immédiatement. À faire plein de fois tous les jours, quinze secondes, ou plus si possible.

special tip productivité : j’ai écrit cet article en écoutant ma playlist instrumentale (si y’a des paroles c’est trop distrayant, mais ça paraît évident non?), dont certains morceaux sont compilés dans mes mixtapes No Words Needed.

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reading time : 5 minutes

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🇬🇧 This week I’m sharing one of my daily habits in order to stay focused on what I find essential.

The morning pages

That’s an exercice suggested by Julia Cameron in her book The Artist’s Way. She invites us to transcribe as much as three pages (I guessed A4, I’m doing six in a A5 notebook) of whatever comes to mind as soon as we wake up. I do it myself just after writing my dreams memories, 10-15 minutes of Sun Salutation and cleaning myself (I clean my sinuses with salty water, life changing) which is about thirty minutes after emerging from the dream world.

I started to do this exercice three years ago, in 2014. I had periods when I wasn’t doing it regularly, then not at all. Tomorrow I start the 28th notebook. I will soon ask Moleskine to partner so I can eliminate this regular expense.

I wrote systematically from February to June 2014, then irregularly, and not at all from December 2014 to March 2015, when I started again with constance till Summer. I realised that 2014 is so far the year in which I finished more music (13 tracks). I can’t be sure but… maybe it’s linked ?

This form of daily free writing allows me to observe myself, observe my thoughts (eventual patterns), to express almost everything moving inside me (the rest goes through music). It enables me to identify clearly what I want to do with my life in short-medium-long term, to see new ideas popping up (sometimes brillant, sometimes distracting). Writing like this is a therapy that costs me around 1 hour and 15 minutes everyday. But as time stops, I believe the body doesn’t age (the soul does though, it’s called wisdom).

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This much of writing since February 2014. If done everyday (six pages A5), this is the amount for two years. 28 notebooks, 2240 pages, around 1 hour per day. This is how I create my dream life.

After writing, I go through the six new pages with three highlighters of different colours to collect :

  • in orange – what I want to do, like « study the arrangements of BADBADNOTGOOD tracks » or « dedicating 30 minutes daily to permaculture » or some content for my blog posts
  • in green – insights like « we don’t realise how we can be ingenious, how we are generally distracted » or « memories from the past are like dreams. some memories I can’t say if it happened really or if I dreamed it. in the end there’s no difference. so we can say everything is dream. so if we’re conscious of this, why worry about our image? why being afraid? »
  • in blue – interesting rhymes or ideas for songs or for films, stories

And just as I was writing yesterday morning, this idea came up : at the end of each month I will go through the pages to see if I acted on what I wanted to do, if I still want to do what’s undone, and to remind me of the insights.

When I talk about this exercice sometimes people worry about the quality of what they could write, and on the quantity, they got the false belief that they wouldn’t know what to write. So just write « I don’t know what to write » till something comes up. The thoughts almost constantly flow, even when we sleep (as we dream every night and even during short naps). It’s just the extension of thoughts, like materialisation. Quality is not important here, only quantity and constancy are. Beside that’s probably the only golden rule to become good in anything, even if the goal here isn’t to become a renowned writer – but why not ?

These days I wrote that I was bored to write so much, that on average there are two pages of bullshit, that I judged useless. But that bullshit has to come out (and not looping in our mind) to allow the more deep and interesting things to come to surface. Then I had this idea : if I’m stuffed to write « bullshit », I choose a topic on which I could write a song, or the next blog post. Bang.

It’s not a dissertation, nobody will have to read those pages. There’s not even the need to think about it. Not necessary to read it after. What matters is to put out, to express, to write. There’s something powerful psychologically in the movement of the body when we hand-write. In all that happens in us in that moment. It’s a sacred moment of self-encountering.

While writing this morning I realised that it became a way to optimise my time, aka life. I often write that I want to be always more focused, I write how I’ve been distracted, and how I can optimise each one of the tools I use, in order to stay focused.

The way of the ninja

Get into the habit of watching in the distance and regularly use the palming technic during the whole day.

The ninja doesn’t ignore the fact that eyes are constituted of muscles. And just like any other muscle he needs to make them work in a natural way – like there’s supposed to. But that’s something most people today are not conscious of – myself until three months ago.

I use the app Mindful Mynah on Mac and iPhone to remember every ten minutes to watch a distant object – without glasses, very important.

Palming is putting the palms of our hands on our closed eyes so there’s no light at all. I also thought of going in the bathroom and switching-off the light, still eyes closed. As the eyes are at rest, the whole body relaxes immediately. To do many times everyday, fifteen seconds or more.

special productivity tip : I wrote this article while listening to my instrumental playlist (too distracting with lyrics), some tracks are featured in my No Words Needed mixtapes.

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